lundi 30 avril 2018

Les couleurs de l'Impressionnisme à Adelaïde

Edouard Manet - Clair  de lune sur le port de Boulogne - 1868
Musée d'Orsay, Paris

Les noirs de Courbet, de Manet ou de Renoir, les blancs de Monet, les rouges de Signac, les bleus et les verts de Cézanne ou de Sisley, les roses de Morisot ou de Renoir (encore lui), toute la palette impressionniste s'expose à l'Art Gallery of South Australia (Adelaide).
L'exposition, un produit d'exportation made in France ? Celle-ci, conçue par le Musée d'Orsay, a été vendue clef-en-main aux Australiens, après un passage par Singapour cet hiver !
Colors of Impressionism : Masterpieces from the Musée d'Orsay
Art Gallery of South Australia - Adelaide, jusqu'au 29 juillet 2018


dimanche 29 avril 2018

Album des Bains de Titus 1 - La peinture romaine

1 - Le triomphe de Dionysos, entouré des Quatre Saisons
Tableau central de la voûte de la chambre 25 de la Domus Aurea.
Album des Bains de Titus - Département des Arts Graphiques, Musée du Louvre, Paris
Bien que l'album du musée du Louvre porte le titre de : Vestiglia delle Terme de Tito e loro interne pitture, presque toutes les planches sont consacrées à la Domus Aurea de Néron et non aux Thermes de Titus. Les deux bâtiments sont presque contigus et contemporains (La Domus Aurea était encore en travaux en 69 et la construction des Thermes de Titus date de 81)  ce qui pourrait expliquer la méprise que l'on faisait encore à la fin du XVIIIe siècle.
Dans l'ensemble, à l'exception d'une erreur d'interprétation (pl. 8), d'une reconstitution hasardeuse (pl. 13), des noces aldobrandines qui datent du règne d'Auguste (fig. 30) et de quelques fantaisies dans les grotesques, l'artiste a assez fidèlement reproduit les fresques originales de la Domus Aurea.
Ces gouaches sont visiblement inspirées des dessins de Vikentii Frantsevich (Vicenzo Brenna) et du polonais Franciszek Smuglewicz (séjour à Rome de 1763 à 1784), gravés par Marco Carloni en 1776.


samedi 28 avril 2018

vendredi 27 avril 2018

Federico Beltram Masses, l'Art nouveau espagnol (Part 2)


Federico Armando Berltram Masses (1885 - 1949) est né à Guaira de la Melena (Cuba). D'abord étudiant à l'École des Beaux Arts de Barcelone, il rejoint Madrid pour y suivre l'enseignement de Joaquin Sorolla. En 1916, il s'installe à Paris, où il restera jusqu'en 1945.
Peintre des célébrités des années folles, il doit aussi son succès à la touche hispanique qu'il apporte à l'Art Nouveau.


jeudi 26 avril 2018

La délocalisation du Conseil d'État à Quimper

Jean Alaux - La Justice ramenant l'Abondance et l'Industrie sur la terre - 1827

C'est au musée des Beaux-Arts de Quimper qu'il faut aller pour voir les tableaux qui décoraient la salle du Conseil d'État sous la Restauration ! Les plafonds peints, eux, sont restés au Louvre.

mardi 24 avril 2018

Chaval - Le misanthrope qui trouvait que les oiseaux étaient cons

Yvan Francis LE LOUARN, dit CHAVAL (1915-1968) "- Soutiens Georges ! ..."
Estampe, signée dans la planche en bas à droite.

Chaval (Yvan-Francis Le Louarn, 1915-1968)  est mort il y a déjà cinquante ans. Je ne vais pas utiliser le poncif habituel "ses dessins n'ont pas pris une ride", mais il y a beaucoup de ça. Il faut remonter à 2008 et l'exposition controversée de Bordeaux (note 1) pour trouver Chaval en tête d'affiche. Dans ce billet, il ne s'agit que d'un lot de dessins originaux qui sont passés dans une vente aux enchères.


lundi 23 avril 2018

L'influence de la gravure sur les plaques de bronze de la Renaissance italienne

Pseudo Antonio da Brescia
Abundance and a Satyr [obverse], 1505 or after
bronze//Light brown patina
overall (diameter): 5.9 cm (2 5/16 in.) gross weight: 77 gr
National Gallery of Art, Washington, Samuel H. Kress Collection

Pour les amateurs de mythologie et de scènes antiques !

Commissaire de l'exposition : Jamie Gabbarelli, assistant curator of prints, drawings, and photographs at the Rhode Island School of Design Museum.


La photographie japonaise (1960-1970) - Museum der Moderne, Salzbourg


Bishin Jumonji
Untitled, 1971, Gelatin silver print on Baryt, © Bishin Jumonji 

Japanese Photography 1960-1970 from the Collection
Museum der Moderne, Salzbourg, jusqu'au 7 juillet 2018


dimanche 22 avril 2018

Persée et Andromède


Jean-Baptiste Regnault - Le retour d'Andromède - 1782
Huile sur toile - Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

Persée arriva en Éthiopie, où régnait Céphée, et il découvrit qu'Andromède, la fille du roi, avait été exposée pour devenir la proie d'un monstre marin. Car Cassiopée, l'épouse de Céphée, avait osé défier les Néréides dans un concours de beauté, en se vantant d'être plus belle qu'elles toutes. Les Néréides s'étaient offensées, et Poséidon se mit en colère : il envoya une inondation pour dévaster tout le territoire, et aussi un monstre marin. Ammon avait alors donné sa réponse : la seule façon de faire cesser ce fléau était de livrer Andromède, la fille de Cassiopée, en pâture au monstre. Céphée, sous la pression de ses sujets Éthiopiens, obéit : il enchaîna la jeune fille à un rocher. Quand Persée l'aperçut, il tomba immédiatement amoureux d'elle, et il promit à Céphée de tuer le monstre et de sauver Andromède, à condition de l'avoir pour épouse. L'accord fut scellé par un serment. Persée attaqua le monstre marin d'en haut, le tua et libéra la jeune fille. Mais Phinée, le frère de Céphée, à qui Andromède avait été promise, fomenta un complot contre Persée. Ayant découvert le piège, le héros brandit la tête de la Gorgone devant Phinée et ses complices, et, aussitôt, tous furent pétrifiés. Revenu à Sériphos, il vit que sa mère s'était réfugiée sur les autels, avec Dyctis, pour échapper à la violence de Polydectès. Aussitôt le héros se rendit auprès du roi ; il entra dans son palais, où Polydectès avait invité tous ses amis ; il sortit la tête de la Gorgone, il la fit voir et, immédiatement, à cette apparition, tous se changèrent en pierre, dans l'attitude même qu'ils avaient à ce moment-là. 

samedi 21 avril 2018

Rétrospective Max Liebermann au Gemeentemuseum de La Haye


Max Liebermann -  Papageienmann (L'homme aux perroquets), 1902
Museum Folkwang, Essen                  
Un peintre allemand qui quitte Weimar pour Paris, voilà qui n'est pas courant. En 1873, Max Lierbermann tenta cette expérience pour étudier les Impressionnistes. Le succès ne fut pas au rendez-vous - sa nationalité y fut pour beaucoup. En 1878, il quitta la France pour l'Italie et les Pays-Bas (où il reviendra souvent pendant l'été), avant de s'installer à Berlin où il fit l'essentiel de sa carrière.

D'où le prétexte de cette rétrospective présentée jusqu'au 24 juin 2018 au Musée Communal de La Haye - Max Libermann, impressions d'été.


mercredi 18 avril 2018

Ames sauvages - Le symbolisme dans les pays baltes

Janis Rozentāls. Arcadia. 1910. LNMA collection 

Les pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, se sont constitués en états indépendants peu après la fin de la première Guerre mondiale. Pour célébrer ce centenaire, cette exposition invite à découvrir le symbolisme balte, des années 1890 aux années 1920-1930.

Âmes sauvages. Le symbolisme dans les pays baltes.
Musée d'Orsay (Paris), jusqu'au 15 juillet 2018
Commissaire de l'exposition : Rodolphe Rapetti

mardi 17 avril 2018

Hölzel et son cercle, un laboratoire de la modernité


C'est à Fribourg (Freiburg im Breisgau) que s'ouvre en septembre 1916 une exposition majeure dans l'histoire de l'avant-garde allemande. Adolf Hölzel, ses élèves et son entourage y explorent des pistes qui seront empruntées par beaucoup d'artistes plus connus de la République de Weimar.

L'Augustinermuseum de Fribourg a (trop discrètement à mon goût) rappelé cet événement dans une mise en scène somptueuse due à l'agence CeeCeeCreative.



lundi 16 avril 2018

Introduction au fétichisme médiéval : Saint Benoît de Nursie

Alessandro Allori - La tentation de saint Benoît - c. 1587
Fitzwilliam Museum, Cambridge

Un certain jour, alors qu'il était seul, le tentateur se trouva là. Un petit oiseau noir, vulgairement appelé merle, se mit à voleter autour de sa tête et à insister avec importunité près de son visage à tel point qu'on pouvait le prendre à la main, si du moins le saint homme avait voulu le saisir. Mais, sur un signe de croix, l'oiseau s'en alla.
Cependant, l'oiseau parti, il s'ensuivit une telle tentation de la chair que jamais l'homme de Dieu n'en avait connue de si grande. En effet, il avait vu une certaine femme autrefois que l'esprit malin lui ramena devant les yeux de l'âme et la beauté de celle-ci alluma un si grand feu dans l'esprit du serviteur de Dieu que la flamme de l'amour pouvait à peine se contenir dans sa poitrine, et déjà, presque vaincu par la volupté, il songeait quitter le désert.

Mais, bien vite, sous le regard de la grâce d'en haut, il revint à lui-même et, avisant tout près de lui un fourré épais d'orties et de ronces, il se dépouilla de son vêtement et se jeta tout nu au milieu de ces épines acérées et dans le feu des orties : s'y étant roulé longtemps, il en sortit le corps tout meurtri et grâce à ces blessures de la peau, il fit sortir de sa chair la blessure de l'âme, car la volupté se traduisit en douleur ; en souffrant d'une brûlure externe, il éteignit celle qui le consumait illicitement à l'intérieur. (Grégoire le Grand - Dialogues, II)

Une visite discrète chez les Rockfeller (1)

Henri Matisse (1869-1954) - Odalisque couchée aux magnolias - 1923
La collection de David et Peggy Rockefeller va être mise en vente à New York, chez Christies, début mai 2018. La plupart de ces toiles ont été achetées dans les années 50-60 et n'avaient été que peu montrées depuis. Des dizaines de millions de dollars vont changer de main en une soirée et la plupart de ces chefs-d'oeuvre rejoindront d'autres collections privées.


dimanche 15 avril 2018

José Guadalupe Posada et la presse populaire mexicaine


C'est l'un des maîtres de l'illustration mexicaine qui a inspiré des générations d'artistes mexicains. José Guadalupe Posada (1852-1913) aurait produit près de 20 000 gravures pendant sa carrière. Très engagé socialement et politiquement, ses gravures militantes ont souvent été réutilisées sans qu'il soit crédité (en particulier aux USA). Il en va de même pour ses calaveras (squelettes) qui continuent de hanter le Mexique de leurs danses macabres le Jour des Morts.
Ses productions alimentaires (?) pour la presse populaire sont plus négligées et c'est aussi cette lacune que comble cette exposition itinérante organisée par la Trout Gallery, Dickinson College.
José Guadalupe Posada and the mexican penny press.
Prints from the David J. Sellers Collection.
Bellevue Arts Museum, jusqu'au 19 août 2018


Casanova fait escale à San Francisco


Giocomo Casanova fut un grand voyageur, mais il ne mit pas la Californie au rang de ses destinations. Les musées de San Francisco lui font faire étape au bord du Pacifique, le temps d'une exposition consacrée XVIIIème siècle européen .

Casanova: The seduction of Europe.
Legion of Honor, San Francisco - Jusqu'au 28 mai 2018

samedi 14 avril 2018

Teotihuacan, cité de l'eau, cité du feu

Circular relief, 300–450. Stone, 49 1/4 x 40 1/2 x 9 7/8 in. (125 x 103 x 25 cm). Museo Nacional de Antropología / INAH, 10-81807. Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología / INAH-CANON
Pour ceux qui auraient raté l'exposition Teotihuacan : City of Water, City of Fire au De Young de San Francisco, il y a une session de rattrapage au LACMA de Los Angeles sous le titre City and Cosmos : the Arts of Teotihuacan. C'est la même exposition, avec un titre différent !

vendredi 13 avril 2018

L'histoire de Suzanne en six assiettes

Pierre Reymond - Suzanne au bain
Musée du Louvre
J'ai encore sorti les assiettes du service Renaissance pour faire la fête !
Cette fois-ci, elle viennent directement des vitrines (ou des réserves ?) du Louvre. Elles sont dues à Pierre Reymond, émailleur à Limoges (vers 1580) et elles ont appartenu au chevalier Edme-Antoine Durand.

Pierre Reymond - Suzanne surprise par les vieillards
Musée du Louvre

Pierre Reymond - Suzanne devant ses juges
Musée du Louvre

Pierre Reymond - Suzanne conduite au supplice
Musée du Louvre

Pierre Reymond - La justification de Suzanne
Musée du Louvre

Pierre Reymond - La lapidation des vieillards
Musée du Louvre

Source des illustrations : RMN Grand Palais - Musée du Louvre, Paris. Photos Stéphane Maréchalle.

Livre de Daniel - Chapitre 13
  1. Il y avait un homme qui demeurait à Babylone, et son nom était Joakim.
  2. Il prit une femme nommée Susanne, fille d’Helcias, d’une grande beauté et craignant Dieu ;
  3. car ses parents, qui étaient justes, avaient instruit leur fille selon la loi de Moïse.
  4. Or Joakim était fort riche, et il avait un jardin près de sa maison, et les Juifs affluaient chez lui, parce qu’il était le plus honorable de tous.
  5. On avait établi juges cette année-là deux anciens d’entre le peuple, dont le Maître a dit : « L’iniquité est sortie de Babylone par des vieillards qui étaient juges, qui paraissaient régir le peuple. »
  6. Ils fréquentaient la maison de Joakim, et tous ceux qui avaient des différends se rendaient auprès d’eux.
  7. Vers le milieu du jour, lorsque le peuple s’était retiré, Susanne entrait dans le jardin de son mari et s’y promenait.
  8. Les deux vieillards la voyaient chaque jour y entrer et s’y promener, et ils conçurent pour elle une ardente passion.
  9. Ils pervertirent leur sens et détournèrent leurs yeux pour ne pas voir le ciel et ne pas se souvenir des justes jugements de Dieu.
  10. Ils étaient donc blessés d’amour pour elle, mais ils ne se communiquaient pas mutuellement leur souffrance,
  11. car ils avaient honte de révéler l’un à l’autre la passion qui leur faisait désirer d’être avec elle.
  12. Ils l’observaient chaque jour avec soin pour la voir, et ils se dirent l’un à l’autre :
  13. « Allons chez nous, c’est l’heure du dîner. » Et ils sortirent et se séparèrent.
  14. Mais étant revenus sur leurs pas, ils se rencontrèrent, et s’étant demandé le motif de leur retour, ils s’avouèrent leur passion ; puis ils convinrent entre eux du moment où ils pourraient la trouver seule.
  15. Comme ils épiaient un jour convenable, il arriva que Suzanne entra dans le jardin, comme elle l’avait fait la veille et l’avant-veille, sans autre compagnie que deux jeunes filles ; elle voulut se baigner dans le jardin, car il faisait chaud.
  16. Il n’y avait là personne, sinon les deux vieillards, qui s’étaient cachés et qui l’épiaient.
  17. Elle dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de l’huile parfumée et des onguents, et fermez les portes du jardin, afin que je me baigne. »
  18. Elles firent ce que Suzanne avait commandé et, ayant fermé la porte du jardin, elles sortirent par une porte de derrière, pour apporter ce qui leur avait été demandé ; elles ne savaient pas que les vieillards étaient cachés dans le jardin.
  19. Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux vieillards se levèrent, coururent à Susanne et lui dirent :
  20. « Vois, les portes du jardin sont fermées, personne ne nous aperçoit, et nous brûlons d’amour pour toi ; consens donc à notre désir et sois à nous.
  21. Si non, nous nous porterons témoins contre toi, et nous dirons qu’un jeune homme était avec toi, et que c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »
  22. Susanne soupira et dit : « Du tous côtés l’angoisse m’environne. Si je fais cela, c’est la mort pour moi, et si je ne le fais pas, je n’échapperai pas de vos mains.
  23. Mais il vaut mieux pour moi tomber entre vos mains sans avoir fait le mal que de pécher en présence du Seigneur. »
  24. Alors Susanne jeta un grand cri, et les deux vieillards crièrent aussi contre elle.
  25. Et l’on d’eux courut ouvrir les portes du jardin.
  26. Quand les serviteurs de la maison entendirent les cris poussés dans le jardin, ils se précipitèrent par la porte de derrière pour voir ce qu’il y avait.
  27. Lorsque les vieillards se furent expliqués, les serviteurs eurent grande honte, parce qu’on n’avait jamais dit chose semblable de Susanne.
  28. Le lendemain, le peuple s’étant rassemblé chez Joakim, mari de Susanne, les deux vieillards y vinrent aussi, tout remplis de pensées méchantes contre elle, afin de la faire périr.
  29. Ils dirent devant le peuple : « Envoyez chercher brillante, fille d’Helcias, femme de Joakim. » Et on envoya aussitôt.
  30. Elle vint avec ses parents, ses fils et tous ses proches.
  31. Or Suzanne, avait les traits délicats et une grande beauté.
  32. Comme elle était voilée, les juges méchants commandèrent qu’on lui ôtât son voile, pour se rassasier de sa beauté.
  33. Mais tous les siens et tous ceux qui la connaissaient versaient des larmes.
  34. Les deux vieillards, se levant au milieu du peuple, mirent leurs mains sur sa tête.
  35. Elle, en pleurant, regarda vers le ciel, car son cœur avait confiance dans le Seigneur.
  36. Les vieillards dirent : « Comme nous nous promenions seuls dans le jardin, elle est entrée avec deux jeunes filles et, après avoir fait fermer les portes du jardin, elle a renvoyé les jeunes filles.
  37. Et un jeune homme qui était caché est venu à elle et a fait le mal avec elle.
  38. Nous étions dans un coin du jardin ; en voyant le crime, nous avons couru à eux, et nous les avons vus dans cette infamie.
  39. Nous n’avons pu prendre le jeune homme, parce qu’il était plus fort que nous, et qu’ayant ouvert la porte, il s’est échappé.
  40. Mais elle, après l’avoir prise, nous lui avons demandé quel était ce jeune homme, et elle n’a pas voulu nous le dire. Voilà ce que nous attestons. »
  41. La foule les crut, parce que c’étaient des vieillards et des juges du peuple, et ils la condamnèrent à mort.
  42. Alors Susanne s’écria à haute voix et dit : « Dieu éternel, qui connaissez ce qui est caché et qui savez toutes choses avant qu’elles n’arrivent,
  43. vous savez qu’ils ont rendu un faux témoignage contre moi ; et voici que je meurs, sans avoir rien fait de ce qu’ils ont méchamment inventé contre moi. »
  44. Le Seigneur entendit sa voix.
  45. Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l’esprit saint d’un jeune enfant nommé Daniel.
  46. Il cria à haute voix : « Pour moi, je suis pur du sang de cette femme ! »
  47. Tout le peuple se tourna vers lui et lui dit : « Que signifie cette parole que tu dis-là ? »
  48. Daniel, se tenant au milieu d’eux, dit : Etes-vous donc insensés à ce point, enfants d’Israël, de faire mourir une fille d’Israël sans examen, sans chercher à connaître la vérité ?
  49. Retournez au tribunal, car ils ont rendu un faux témoignage contre elle. »
  50. Alors le peuple retourna en hâte, et les anciens dirent à Daniel :
  51. « Viens, prends place au milieu de nous, et expose-nous ton avis, car Dieu t’a donné l’honneur de la vieillesse. » Daniel dit au peuple : « Séparez-les loin l’un de l’autre, et je les jugerai. »
  52. Quand ils furent séparés l’un de l’autre, Daniel en appela un et lui dit : « Homme vieilli dans le crime, les péchés que tu as commis autrefois sont maintenant venus sur toi,
  53. toi qui rendais des jugements injustes, qui condamnais les innocents et relâchais les coupables, quand le Seigneur a dit : Tu ne feras pas mourir l’innocent et le juste.
  54. Eh bien, si tu l’as vue, dis sous quel arbre tu les as vus s’entretenant ensemble. » Il répondit : « Sous un lentisque. »
  55. Daniel dit « Justement tu dis un mensonge pour ta perte ; car l’ange de Dieu qui a déjà reçu l’arrêt divin va te fendre par le milieu. »
  56. Après l’avoir renvoyé, il ordonna d’amener l’autre, et il lui dit « Race de Chanaan, et non de Juda, la beauté d’une femme t’a séduit et la passion a perverti ton cœur.
  57. C’est ainsi que vous en agissiez avec les filles d’Israël, et elles, ayant peur de vous, vous parlaient ; mais une fille de Juda n’a pu souffrir votre iniquité.
  58. Dis-moi donc maintenant sous quel arbre tu les as surpris s’entretenant ensemble. »
  59. Il dit : « Sous un chêne. » Daniel lui dit : « Justement tu as dit, toi aussi, un mensonge pour ta perte ; car l’ange du Seigneur attend, le glaive en main, le moment de te couper par le milieu, afin de vous faire mourir. »
  60. Alors toute l’assemblée jeta un grand cri, et ils bénirent Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui.
  61. Puis ils s’élevèrent contre les deux vieillards, que Daniel avait convaincus par leur propre bouche d’avoir rendu un faux témoignage, et ils leur firent le mal qu’eux-mêmes avaient voulu faire à leur prochain ;
  62. afin d’accomplir la loi de Moïse, et ils les firent donc mourir, et le sang innocent fut sauvé en ce jour-là.
  63. Helcias et sa femme louèrent Dieu au sujet de leur fille Susanne, avec Joakim, son mari, et tous ses parents, parce qu’il ne s’était trouvé en elle rien de déshonnête.
  64. Et Daniel devint grand devant le peuple, à partir de ce jour et dans la suite des temps.
  65. Le roi Astyage ayant été réuni à ses pères, Cyrus le Perse reçut le royaume.
Traduction du Chanoine Crampon (1923)

Les portraits de Cézanne sont toujours à Washington

Paul Cézanne
Madame Cézanne dans une robe à rayures, 1890–1892
Philadelphia Museum of Art: The Henry P. McIlhenny Collection in memory of Frances P.
McIlhenny, 1986

Suite de la visite virtuelle de l'exposition Cézanne Portraits - National Gallery of Art (Washington, USA)
La première partie est ici

Exposition : Cézanne Portraits
National Gallery of Art (Washington - USA), jusqu'au 1er juillet 2018
Commissariat de l'exposition :
- John Elderfield, conservateur en chef honoraire au Museum of Modern Art de New York et professeur à l'université de Princeton.
- Mary Morton, conservatrice et chef du département de la peinture française à la National Gallery of Art de Washington.
Xavier Rey, conservateur et directeur des musées de Marseille

jeudi 12 avril 2018

Enfers et Fantômes d'Asie au Quai Branly

The Phantom of Oiwa (late 19th–early 20th century), signed Ikkyo.
Photo Claude Germain; © musée du quai Branly – Jacques Chirac

Chasseurs de fantômes s'abstenir. Les enfers d'Asie ont quartier libre chez Jacques Chirac !
Exposition Enfers et fantômes d'Asie, jusqu'au 15 juillet 2018
Musée du Quai Branly - Jacques Chirac (Paris)


mercredi 11 avril 2018

Paul Véronèse à Dresde - Le cycle Cuccina restauré


La Gemäldegalerie Alte Meister de la Staatliche Kunstsammlungen de Dresde possède une importante collection de peintures de Paolo Caliari, plus connu sous le nom de Veronese (1528-1588) et considéré comme l'un des représentants les plus importants de la peinture de la Renaissance vénitienne. Parmi les peintures de Dresde, le Cycle Cuccina se distingue par sa qualité artistique exceptionnelle et ses caractéristiques typologiques et iconographiques particulières.



Produite par Veronese, probablement vers 1571, à la demande de la famille des marchands vénitiens Cuccina, la série est composée de quatre peintures à l'huile grand format. Ceux-ci montrent "L'Adoration des Mages", "Les Noces de Cana", "Le Christ portant la Croix" et "La Madone et la Famille Cuccina". Les représentations avec leurs nombreuses figures sont caractérisées par une attention minutieuse aux détails et un réalisme extrême, avec une structure de composition fortement narrative. Alors que trois des tableaux représentent des scènes de la vie du Christ, l'image votive "La Madone et la famille Cuccina" présente la grande famille des commanditaires comme sur une scène.
Le cycle des peintures a attiré l'attention dès le début. Dans le premier tiers du 17ème siècle, le cardinal Francesco Barberini et le roi Charles Ier d'Angleterre ont montré un grand intérêt pour eux, et en 1645 ils sont entrés en possession de Francesco I d'Este, duc de Modène. Finalement, cent ans plus tard, en 1746, l'électeur de Saxe et roi de Pologne, Auguste III les a acquis pour la Gemäldegalerie à Dresde avec 96 autres chefs-d'œuvre de la collection Estensi.



Des sources des XVIIIe et XIXe siècles montrent que, depuis leur arrivée à Dresde, les quatre tableaux ont subi à plusieurs reprises des travaux de restauration. Ceci est en partie dû à la technique de peinture habile de Veronese. Pour ses bleus et ses verts, l'artiste a utilisé des peintures à l'huile à base de pigments contenant du cuivre. La couleur originale de ces pigments instables s'est évanouie très rapidement. De plus, des problèmes de liaison entre l'enduit et la couche de peinture conduisent souvent à de faibles pertes dans la couche de peinture. L'impression générale a été complétée par des retouches et des repeints, ainsi que des couches de vernis fortement décolorées. De plus, les couches de peinture étaient très lâches par endroits; tous ne pourraient pas être restaurés. Pour cette raison, la fermeture partielle de la Sempergalerie en 2013 était une bonne occasion de restaurer les quatre pièces de grand format. Au total, 33 mètres carrés de la surface des peintures ont nécessité une restauration complète.


Source

mardi 10 avril 2018

Luigi da Rios, peintre vénitien


Luigi da Rios (1843 - 1892). Peintre vénitien, élève de l'Académie des Beaux-Arts de Venise et souvent exposé de son vivant.... Moins souvent de nos jours où la peinture de genre est moins prisée.
Reste qu'il a su capturer le charme des beautés vénitiennes !

lundi 9 avril 2018

Egon Schiele - L'exposition du centenaire

Egon Schiele, Self-Portrait with Chinese Lantern Plant, 1912 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 453


Quoi de plus normal que le Leopold Museum de Vienne y aille aussi de son Show du Centenaire (de la mort d'Egon Schiele). Le musée se targue d'avoir la plus grande collection de ses oeuvres.
Egon Schiele. The Jubilee Show (jusqu'au 04 novembre 2018)

Egon Schiele, Portrait of Wally Neuzil, 1912 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 453

Egon Schiele, The Hermits, 1912 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 466

Egon Schiele, Kardinal und Nonne ("Liebkosung"), 1912 © Leopold Museum, Wien

Egon Schiele, Setting Sun, 1913 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 625

Egon Schiele, Crescent of Houses ll ("Island Town") © Leopold Museum, Vienna, Inv. 456

Egon Schiele, Self-Portrait with Raised Bare Shoulder, 1912 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 653

Egon Schiele, Levitation (The Blind ll), 1915 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 467

Egon Schiele hinter dem auf einer Staffelei befindlichen Gemälde "Herbstbaum in bewegter Luft ("Winterbaum"), 1912 © Leopold Privatsammlung

Egon Schiele, Liegende Frau, 1917 © Leopold Museum, Wien, Inv. 626

Egon Schiele, Reclining Boy (Erich Lederer) © Leopold Museum, Wien, Inv.Nr. 1408

Egon Schiele, Moa, 1911 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 2310

Egon Schiele, Mother and Daughter, 1913 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 1436

Egon Schiele, Self-Portrait with Striped Shirt, 1910 © Leopold Museum, Vienna, Inv. 1458

Egon Schiele, Seated Male Nude (Self-Portrait) © Leopold Museum, Vienna, Inv. 465

EGON SCHIELE, Sitting Girl with Spread Thighs, 1918 © Leopold Museum, Vienna

Egon Schiele, »Prediger« (Selbstakt mit blaugrünem Hemd), 1913 © Leopold Museum, Wien, Inv. 2365

Portrait of Egon Schiele from 1915 in front of his mirror in his Hietzing Atelier, in the background the painting "Death and Girl" © Leopold Privatsammlung/Foto: Leopold Museum, Wien

Porträt of Egon Schiele, 1914 © Imagno / Austrian Archives, Photograph: Anton Josef Trčka

Egon Schiele, Two Squatting Women, 1918 (unfinished) © Leopold Museum, Vienna

Egon Schiele, Nude Self-Portrait in Gray with Open Mouth, 1910 © Leopold Museum, Vienna

Anton Josef Trcka, Ego Schiele next to his 1913 painting "Encounter", which ist now lost, 1914 © Leopold, Private Collection

Einblick in die Ausstellung "Egon Schiele" © Leopold Museum Vienna
In 2018, 100 years after his death, a special exhibition is dedicated to the central artist of the Leopold Museum’s collection, Egon Schiele (1890–1918): unique in its combination of paintings, works on paper and archival material, the exhibition touches upon the most important themes in the artist’s oeuvre: first of all, his self-confident breaking with traditions and his evolution as an expressive artist, followed by motivic groups including the ambivalent figure of the mother and the taboo-breaking depictions of young girls and boys, themes such as spirituality and metamorphosis, his enigmatic houses and landscapes, as well as his tension-filled and complex analyses in his portrait depictions. 
The emphases of the exhibition are derived from those of the history-making Leopold collections: in terms of the oil paintings and works on paper, the emphasis is on the Expressionist years from 1910–1914, with a third of the works on paper each dedicated to his self-portraits, his portraits and nude renderings of girls and finally those of grown-up women. The paintings, meanwhile, touch upon all the themes mentioned above. Along with the comprehensive museum collection, whose works on paper will be shown in three separate stages for conservational reasons, individual eminent Schiele works from international collections will feature in the jubilee exhibition as “noble guests”.

Egon Schiele. The Jubilee Show (jusqu'au 04 novembre 2018)